UNE DIRECTIVE CONTRE LE LOGICIEL
EUROPÉEN
La Commission Européenne a publié hier un avant-projet de
directive (1) sur la
brevetabilité du logiciel. Il ressort de ce document quaucune
limite claire ne sera dorénavant imposée pour les brevets sur les
programmes dordinateur.
Paris, le 21/02/2002. LAFAS, lAFUA, AnShare,
Europe Shareware et le RUSh souhaitent rappeler à
la Commission que TOUTES les études économiques, dont les
rapports commandés par linstitution européenne, concluent
à la nocivité des brevets logiciels pour linnovation et la
concurrence.
Les brevets logiciels sopposent par nature au shareware, ils
entraînent :
- une éviction des auteurs indépendants au droit à la
protection de leur oeuvre (il est impossible pour un auteur de shareware de
supporter le coût dun brevet).
- des comportements dentente entre multinationales via les patent
pools afin déviter toute concurrence du shareware.
- des prix monopolistiques défavorables au consommateur.
Il a été démontré la partialité de la
Commission qui a préféré faire participer à la
rédaction de la directive un membre de la BSA (2), groupe
dintérêt de sociétés américaines sous
le contrôle de Microsoft (entreprise reconnue coupable de pratiques
monopolistiques et dentraves à la concurrence par la justice de
son pays), plutôt que remplir sa fonction qui est de défendre
lintérêt général.
Des organisations aussi sérieuses que le CLUSIF (Club de la
Sécurité des Systèmes dInformation Français)
ont déjà alerté par le passé (3) lopinion de
lillégalité de la BSA, condamnée voilà peu en
Belgique, qui ne dispose daucun statut juridique en France et pratique
lobbying agressif et menaces financières contre les entreprises
européennes.
La directive de la Commission fait donc le jeu de
féodalités et ne prend en aucun cas compte du résultat
des études économiques empiriques et du fort rejet de
lédition européenne du logiciel (91% des organisations
interrogées par la Commission sont contre les brevets logiciels) (4).
Pour linnovation, la concurrence, le consommateur, et la
compétitivité de léconomie européenne,
lauteur dun shareware doit pouvoir garder le contrôle de son
logiciel et assurer son indépendance vis-à-vis des
sociétés américaines détentrices de brevets sur des
procédés non-innovants. Seul un environnement sans brevets
logiciels peut minimiser le risque juridique et inciter les auteurs de
shareware à innover, créer leur entreprise et se
développer de façon indépendante.
Des brevets US tels que celui dE-Data sur le
téléchargement de logiciels (5) ou encore celui de British Telecom sur
lhyperlien (6) mettent en situation
dillégalité tout auteur diffusant son shareware sur
internet. Avec le projet de directive de la Commission de tels brevets vont
pouvoir être étendus à lEurope.
Or le shareware est le mode de diffusion privilégié des auteurs
indépendants et sest affirmé depuis 20 ans être un laboratoire à idées et une pouponnière
à talents sans équivalent. Son influence est unique sur
lédition du logiciel (mise en page web, interface à base de
skins, aspirateur de sites, lecteur MP3...) et son usage se fait toujours plus
important.
Il est inacceptable daffaiblir le droit dauteur, qui a
prouvé son utilité contre le piratage, en imposant un nouveau
droit de propriété payant réservé exclusivement au
club des grandes multinationales. Seul le droit dauteur, de par sa
gratuité et son universalité, permet une protection
égalitaire entre PME et multinationales sur lensemble du
marché mondial du logiciel (et non pas de manière
géographique comme les brevets).
Regarder le shareware daujourdhui cest connaître
les logiciels commerciaux et libres de demain. Lhistoire de
linformatique a démontré que linnovation provient des
micro-structures ou dinitiatives individuelles dont le shareware est le
principal moyen dexpression ; pénaliser le shareware par une telle
inflation des coûts et risques juridiques, revient à encourager la
stratégie de développements des multinationales
américaines par le rachat de jeunes pousses européennes, inhibant
tout espoir dune industrie du logiciel forte en Europe.
(1) http://europa.eu.int/comm/internal_market/en/indprop/02-
277.htm
(2) Software Patents: Collusion Discovered between BSA and
European Commission., Eurolinux Alliance.
http://petition.eurolinux.org/pr/pr17.html
(3) Le CLUSIF (Club de la Sécurité des
Systèmes dInformation Français) sinsurge contre les
pratiques de BSA France, CLUSIF.
http://www.grd-
publications.com/art/ls036/ls036058.htm#clusif
(4) THE RESULTS OF THE EUROPEAN COMMISSION CONSULTATION EXERCISE
ON THE PATENTABILITY OF COMPUTER IMPLEMENTED INVENTIONS, PbT
Consultants.
Page 4 : It was clear that the group opposed to software patents (91%)
numerically dominated the response.
http://europa.eu.int/comm/internal_market/en/indprop/softanalyse.pdf
(5) E-Data, brevet US sur le téléchargement de
logiciels n°4,528,643.
descriptif du brevet
(6) Bristish Telecom, brevet US sur lhyperlien n°
4,873,662.
À propos de l'A.F.A.S. (Association Française des Auteurs de
Sharewares) - www.afas-fr.org
Créée en Novembre 1995, l'AFAS (Association Française
des Auteurs de Shareware) oeuvre pour améliorer l'image du shareware en
France. Dans ce but, l'AFAS diffuse un grand nombre d'informations utiles
concernant la création et la distribution de sharewares auprès de
ses adhérents. Ceci afin de les aider à produire et diffuser des
logiciels qui répondent à un certain nombre de critères en
ce qui concerne leur qualité et également leur caractère
fonctionnel. L'AFAS oeuvre également pour une distribution du shareware
dans le respect de certaines règles et pour une meilleure
compréhension du système par les utilisateurs.
À propos de l'AFUA (Association Française des Utilisateurs
d'Amiga) - www.afua.asso.fr
Association ayant pour but de promouvoir la plateforme informatique Amiga en
France et de proposer des services aux utilisateurs de cette plateforme. Elle
réalise également des traductions de logiciels et de documents
liés à l'Amiga.
À propos d'Anshare - www.anshare.com
Depuis plusieurs années, la société Anshare soutient et
fait la promotion des auteurs francophones et de leurs logiciels par le biais
de ses différents sites Internet. Ce sont aujourd'hui près de
1.500 auteurs et plus de 3.000 logiciels qui sont présentés dans
notre logithèque.
http://www.anshare.com - http://www.gratuiciel.com -
http://www.sharedif.com
À propos d'Europe Shareware - www.europe-shareware.org
L'association Europe Shareware a pour objet la traduction (interface et
documentation), la promotion et la distribution de sharewares européens.
L'association est actuellement présente en France, en Espagne, en
Pologne et en Amérique du Nord et distribue plus de 110 sharewares d'une
cinquantaine d'auteurs européens pour systèmes Atari, Java et
MacOS.
À propos du R.U.Sh (Regroupement des Utilisateurs du Shareware) - www.rushweb.org
Association ayant pour but la défense du logiciel libre et en libre
essai, et le partage de ressources et d'expériences "softs" et
"web".
À son actif :
- R.U.Sh. Magazine trimestriel sur Cédérom (Nouveautés
sharewares, Linux, scene etc.)
- Serveur Web de 3 giga-octets (+ de 3000 titres francophones) - http://www.rushweb.org/
- Operation MAIA (ressources et logiciels éducatifs gratuits) - http://webvilles.org/maiaweb
- Portail Webvilles (800 sites locaux rattachés) - http://webvilles.org
- Site web local expérimental (Traitement de l'information locale
etdéveloppement de ressources PHP CSS...) - http://webvilles.org/seysses/
Contacts Presse
AFAS: Bernard Leprêtre - bernard.lepretre@wanadoo.fr